Vent de fin d’été : personne vue de dos sur une plate dans le Marais poitevin, contemplant les saules et frênes têtards sur l’eau.

Il est des lieux qui échappent à la frénésie du temps. Le Marais poitevin appartient à ceux-là. Dans ce paysage aquatique façonné par l’homme, le rythme ralentit, glisse comme une couleuvre sur l’onde tranquille. Le temps s’écoule pleinement, au battement lent d’une gymnopédie, sur l’écho discret d’une poésie entendue sur une île bretonne, au creux de l’été.

Vent de fin d’été

Halo matinal
une cane et ses petits
plis serrés du bief

Vent de fin d’été
balancement doux des jours
aulnes pieds dans l’eau

Jour qui s’étire
une couleuvre glisse
l’étier immobile

L’ombre du soir tombe
dernière lueur de brume
plainte du héron

Vent de fin d’été : héron bleu perché au bord des eaux calmes dans le Marais poitevin, reflétant la sérénité et le rythme suspendu du lieu.

Dernier éclat d’or
frondaison argentée ploie
ciel de métal noir

Souffle de septembre
sur ma peau nue, un frisson —
l’été s’esquive

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