Paysage
Un renard griffe ventre à terre le vallon.
Mes épaules nues glapissent sous la douleur.
Cicatrice offerte pour une naissance.
Le lichen nourrit mes muscles polis par la pierre.
Ma chevelure tendue par l’appel du large largue ses amarres
L’écume de mes mains fend les mers
Le pont au bois sombre se craquelle sous le flux salin
La peau lisse le sable envolé
Mon corps alourdit le balancement des vagues
Le grain du ciel dilue mon regard
Temps et chair mêlés
L’humus des feuilles désagrège ma peau.
Les vers boivent mes pensées.
Les bruyères enracinent mes os.
Je m’atomise paysage.
Je suis paysage.